Mais que fait l’éducation positive ?

« Non, mais juste NON quoi… *soupirs* ». Voilà, en ces mots, l’état d’esprit de Bubullette lorsqu’elle finit l’un ou l’autre article sur (achtung, sujet tabou à ne surtout pas dénigrer ouloulouh) : l’éducation/la parentalité positive-créative-consciente-bienveillante-et-non-violente.

Pour des raisons inconnues jusqu’alors, Bubullette a toujours eu une réaction épidermique à la simple vue des termes « éducation bienveillante » et tous leurs dérivés. Alors elle a décidé d’analyser de plus près la chose, en rejoignant une petite quinzaine de groupes Fb allant dans ce sens et en étudiant pendant 4 mois les publications qui y étaient partagées.

Histoire de poser le décor :
Bubullette rencontre souvent des jeunes parents en difficulté sur la question éducative, souvent parce qu’ils se rendent compte que leur enfant ne réagit pas de la même façon que ceux à la sortie de l’école, que celui de la voisine de pallier, ou même que ses frères et sœurs. Parfois (chez nous, pédopsychiatrie oblige) parce qu’il a un réel trouble réellement acté, mais parfois parce qu’il est « juste » différent, qu’il est « juste » né à une période différente de leur existence, et qu’il faut « juste » s’adapter davantage à sa façon d’être.

Bubullette a constaté que les parents sont très fréquemment mis à mal par leurs questionnements, et recherchent des recettes éducatives toutes faites, non pas parce qu’ils ne sont pas en mesure d’en trouver par eux-même, mais parce qu’ils ont peur d’être de mauvais parents, qu’ils ne se sentent jamais parfaits, qu’ils veulent qu’on valide, nous professionnels, leur façon de faire. Souvent, ils évoquent timidement leurs actions éducatives, de peur d’être mal perçus, à travers des phrases paradoxales type « Oui oui, on l’a mis dans sa chambre, ça a marché, il s’est calmé, mais on ne le refera plus hein ! …». Bah pourquoi ? Va falloir m’expliquer là, ça a marché mais vous ne recommencerez plus ? « … On sait que ça n’est pas bien. ». Ah ? Ah. Oh…  

Alors ils lisent, ils cherchent à se rassurer. Bon, regarder un poste doctissimo quand bébé ne fait pas ses nuits, c’est une chose, ça rassure, on se dit « Oh bah ça va, y’en a d’autres qu’ont vécu ça. ». Là où ça devient réellement agaçant (pour Bubullette), c’est quand ces parents, déjà en plein doutes, tombent sur des avis se servant de ce questionnement mi teinté d’angoisse (« Mon enfant est-il normal ? Suis-je normal ? »), mi teinté d’énervement (« J’en peux plus d’ce gosse, dites-moi qu’il va bientôt la boucleeeer ! ») pour vendre UNE attitude, THE attitude à adopter. Sans connaître les ressources du parents, de l’enfant, le contexte.

Petite conversation avec la voisine et hop, on file à la librairie acheter 3 bouquins de Filliozat. Petite dispute avec son « 2 ans chiant », et hop, on check sur Google « Comment puis-je me faire respecter par mon enfant ? » et on tombe directement sur des vidéos du style « Votre enfant vous respectera si VOUS le respectez. ». Ouais. Sympa. Merci. « Edouard, je te respecte pleinement dans toute ta diversité de petit être démoniaque, aurais-tu l’amabilité d’enfiler ton slip AVANT de mettre ton pantalon ? ».

Au lieu de rassurer les parents, de leur permettre de trouver en eux la force nécessaire pour transmettre à leur progéniture les valeurs qu’ILS souhaitent, et assumer pleinement LEURS choix, la société actuelle semble davantage surfer sur la vague de mal-être parental, que ce soit sournoisement dans les publicités (Oulalah, vous avez l’impression de ne pas passer assez de temps avec vos enfants ? Mais non, c’est faux, ils vous aiment, et encore plus si vous leur offrez des Kinder Sur… œufs en chocolat qu’on mange pour avoir le jouet au-dedans), ou plus ouvertement à travers des courants éducatifs, lancés et soutenus par des psycoachs, courants se voulant dominants/parfaits/adaptés à tous, et basés sur des études neuroscientifiques « à transmettre à tout réfractaire », youhou youhou.

C’est parti pour le défoulement Bubullesque…

L’éducation positive : qu’est-ce ?
Véritable religion (on « y croit », on « espère », on « s’y convertit ») l’éducation positive se veut une nouvelle forme d’éducation « qui ne bride plus la spontanéité naturelle de l’enfant, afin qu’il puisse s’épanouir dans la vérité de son être et la créativité de son désir. ». Ainsi soit-il.

Sauf que (première d’une longue suite de critiques, vous m’en voyez navrée) c’est sournois tout plein, parce que, de base, tous les auteurs phares ne sont pas sur la même longueur d’onde (phare, ondes, t’as vu?). Certains estiment qu’il faut laisser l’enfant construire tout seul ses limites, qu’il ne faut surtout pas vouloir des choses à sa place, pour lui (par exemple qu’il fasse des bisous à mère-grand, mais aussi bien qu’il apprenne à lire parce que « décider pour l’enfant ce qu’il doit savoir ou vers quoi il doit tendre n’est pas très respectueux. »).

« Un enfant « bien élevé » n’est pas un enfant soumis, apeuré. L’enfant est spontanément curieux, enthousiaste. Il se mobilise pour ce qui l’intéresse, le motive et ce qui lui paraît juste. Dès tout petit, dès qu’on le contraint, il proteste. Ayons confiance en nos enfants. Entourés de notre bienveillance, ils développeront leurs propres règles intérieures, progressivement, en nous voyant agir. » (Catherine Gueguen)

D’autres voient davantage l’éducation positive comme une façon d’obtenir de l’enfant ce que l’on veut, mais sans user de menaces, en « l’influençant » simplement (utilisation du terme de « coopération »).

« La cause la plus importante de la tension à l’adolescence est que les parents veulent contrôler leurs enfants alors qu’ils n’ont plus aucun pouvoir. Ils se demandent alors ce qui se passe, pourquoi la discipline ne marche plus. La plupart des parents ne se rendent pas compte que l’érosion de leur pouvoir leur a ôté toute forme d’influence sur leurs enfants. A force de se faire obéir par le pouvoir, les parents n’apprennent pas comment influencer leurs enfants. Devenus adolescents, les jeunes peuvent faire tout ce qu’ils veulent en l’absence de tout contrôle et de toute restriction. On accuse alors les parents à tort de se montrer trop permissifs, ils sont simplement des parents autoritaires devenus impuissants. Alors ils s’en mordent les doigts » (Thomas Gordon)

Selon les définitions fournies par les administrateurs des pages Fb que Bubullette a consultées, l’éducation positive a pour but de « vivre et grandir en harmonie avec son enfant », de « faire du bonheur et de la joie de vivre les véritables buts de l’éducation », d’ « accompagner son enfant avec le moins de violences possibles et de façon respectueuse pour chacun », « sans s’énerver », « en supprimant des pratiques éducatives les châtiments corporels (fessées, claques, tapes, etc.) et les violences psychologiques (chantages, menaces, culpabilisations, punitions, isolements et mises à l’écart, etc.) », parce que ces « Violences Educatives Ordinaires », « fessées, punitions, gifles, humiliations, donnent de la dépression, de l’anxiété, de l’agressivité, des troubles de la personnalité, des troubles dissociatifs, des addictions… tandis que quand on est chaleureux avec un enfant, son cerveau mature et l’ocytocine se sécrète. Il devient empathique à son tour. », de « ne pas chercher l’obéissance mais le développement de l’enfant », parce que « faire obéir, c’est manipuler, c’est chosifier l’enfant selon ses désirs d’adulte, c’est nier l’existence même de l’enfant en tant qu’être humain ».

Derrière ces « belles » paroles pavées de « bonnes » intentions, l’excès est de mise pour rallier un maximum de personnes à la cause, afin de faire de la génération future une génération de paix et d’amouuur.

Déjà, s’auto-proclamer « positive », « créative », « consciente », « bienveillante », « non-violente » etc…, ça énerve bougrement Bubullette. Outre le fait d’essayer d’être incritiquable, d’imposer ses idées comme « la base » tout en étant « le but ultime », ces termes ont le don de faire germer davantage de doutes encore dans l’esprit des jeunes parents. Qui voudrait d’une éducation négative, vide, inconsciente, malveillante, violente ? Personne. Mais si l’on ne suit pas les conseils de parents positifs, n’est-ce pas que l’on est négatif ?

Culpabilisation… Les tenants de l’éducation bienveillante ne se gênent aucunement pour estimer que si un parent punit, c’est qu’il n’est pas capable de comprendre son enfant, et même ne le souhaite pas. Si un parent dit « Non. », sans polémiquer pendant des heures, c’est qu’il instaure une relation hiérarchique et aliène son enfant. Comme s’il n’était pas possible de poser des règles, des punitions lorsqu’elles sont enfreintes, sans être à l’écoute de son enfant. Et comme si un comportement, à un temps T, face à une situation donnée, définissait votre style éducatif et le niveau d’importance que vous accordez au bien-être de votre enfant. Sympa, le jugement.

Autre exemple de réflexion manichéenne : les « violences physiques et psychologiques » contre lesquelles lutte l’éducation bienveillante. Les sites faisant l’état des lieux des violences que subissent les enfants utilisent l’exemple d’enfants tués par leur parents, de pratiques éducatives consistant à « frapper un enfant et le plonger pieds et poings liés dans une baignoire d’eau froide », pour faire interdire la fessée, boycotter Super-Nanny, ou même proscrire l’acte-même de punition, de peur que les parents dérapent (« Une fessée n’a jamais tué personne : faux ! », peut-on lire dans une campagne de sensibilisation contre la violence éducative).

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A noter que certains groupes anti-Violence Educative Ordinaire sont encore plus bienveillants que les bienveillants, considérant que l’éducation positive est finalement négative puisqu’elle vise à éduquer. Les anti-VEO souhaitent ainsi, pour certains, mettre tout bonnement fin à l’éducation. Bubullette est tombée des nues dans les pommes sur un groupe « luttant contre toute forme de violence éducative et pour le changement des rapports traditionnellement existants entre adultes et jeunes. Rapports basés sur la domination, la crainte, le « respect » unilatéral et le « devoir d’obéissance » des enfants/ados envers les adultes. », groupe dans lequel vous ne trouverez pas de « conseils visant à obtenir l’obéissance par la « discipline positive » ou le « façonnage en douceur » (éducation positive), toutes ces choses faisant partie intégrante de la violence éducative ordinaire et étant tout autant à combattre que les gifles ou les fessées. ». Défibrillateur, pleaaaaaaaaze ! Ni Dieu, ni maître, mais vive l’enfant-roi ! … mais Bubullette dit ça très probablement parce qu’elle souhaite garder sa suprématie dictatrice du fait de son manque de confiance en elle du fait d’une éducation malveillante (non maman, j’déconne).

L’éducation positive prône ainsi la perfection, la blancheur immaculée parentale, la paix, l’amour, les poutous et les discours bienveillants en réponse à tout ce que peut mettre en œuvre un petit être fourbe enfant. Des papillons dans la voix.
Il est 8h, votre 3 ans refuse de prendre son petit dèj : vous vous posez, parlez avec lui, tentez de comprendre pourquoi il est chiant ce qui est difficile à vivre pour lui, rusez pour lui proposer une alternative (tant pis, vous mangerez ses céréales lors de votre pause de midi), et l’emmenez à l’école avec ½ heure de retard tout en expliquant la chose à la maîtresse, des papillons dans la voix.
Il est 20h, votre même 3 ans refuse de prendre son bain : vous vous posez, parlez avec lui, tentez de comprendre pourquoi il est chiant ce qui est difficile à vivre pour lui, rusez pour lui proposer une alternative (tant pis, ce soir il se couchera cracra mais demain matin, pas le choix ! Enfin, si…), et l’emmenez se coucher 2h plus tard, puis rejoignez votre mari afin de lui narrer votre formidable journée, des papillons dans la voix.

Tout dans l’excès…

L’éducation positive fournit des injonctions de choses à ne pas faire. Ne surtout pas brusquer / crier / punir. Elle donne également des conseils, des recettes toutes faites de comment réagir si :
– votre enfant vous parle mal (mais c’est euh, parce qu’il n’a pas encore acquis, euh… tous les réflexes, euh… de culture de notre société) : ici
– votre enfant de 4 ans tape sa petite sœur (bon, faut pas cautionner, mais il ne faut surtout pas lui dire que c’est pas bien ! Il ne se contrôle pas encore, ça disparaîtra tout seul vers 5-7 ans, courage!) : ici

– votre enfant ne veut pas mettre ses bottes (faites-lui mettre en détournant son attention, surtout ne pas le frustrer hein, même si cela vous oblige à mettre vous aussi des bottes. Absolument pas raccord avec votre tailleur. Mais le bien-être de l’enfant AVANT le votre, parce que VOUS êtes un adulte, alors c’est à VOUS de vous adapter à lui) : ici
– votre enfant ne respecte rien (donc il faut lui donner un choix libre et éclairé, histoire de le couillonner. Et ne surtout pas imposer. Le faire participer aux choix des règles de la maison. Quant à la punition, oulalah, c’est si humiliaaaaant.) : ici

Cependant, si certains font attention aux âges des enfants avant de donner des conseils adaptés face à une colère, et que d’autres essayent de comprendre au mieux le pourquoi du comment de la colère, d’autres encore conseillent la même attitude pour tous les enfants du monde entier, de l’infini et au-delà. Ce qui génère, sur les blogs / forums / groupes, des divergences éducatives assez flagrantes.

« Demande : Mon enfant de 3 ans ½ ne veut pas ranger ses jeux, comment faîtes-vous ?!
Réponses :
– Lâcher prise…. ils sont tout petits…. ranger n’a pas de sens… c’est de la discipline de les faire ranger, c’est vouloir qu’ils obéissent…
– Si moi je veux que ce soit rangé je range si elle m’aide c’est cool si elle veux ranger je peux aussi l’aider mais si personne n’a envie ça reste par terre !
– Je pense que les enfants sont capables et doivent ranger un minimum. ça fait partie de la vie de devoir ranger et je ne trouve pas que ça soit de la discipline mais pour moi du bon sens et de l’éducation.
– Ça dérange les adultes pas les enfants. Du coup ON range et l’enfant aide et si certains jours l’enfant n’aide pas c’est PAS grave. »

« Demande : Ahhhhhhhhhhhhhhh j’en peux plus avec mon fils de 3 ans !!!!!! *décrit une journée de calvaire*
Réponses :
– Quand il doit se déshabiller je lui demande si il veut enlever le pull ou le pantalon en premier. Lui donner l’impression qu il choisit ?
– Je vis la même chose…. horrible ! ?
– Je lui dis « monsieur le roi de la planète des escargots à bretelles, vous voulez une glace en forme de voiture ou une glace à la poudre qui rend transparent? » Il se marre, moi aussi. Et souvent on part dans des histoires sans queue ni tête et il oublie qu’il voulait une glace.
– Est-ce que tu as tenté des compromis? Sans virer au chantage bien-sur !
– Vous connaissez Isabelle Filliozat, Catherine Dumonteil-Kremer , Catherine Gueguen ?
– Il doit être dans une phase de contestation ou d’affirmation.
– Je vis exactement pareil »
(captures d’écrans à l’appui #nobulshitt)

Voilà comment fonctionnent les échanges relatifs à l’éducation positive dans les différents espaces que Bubullette a pu étudier : maman (rarement papa) craque, violemment généralement (« je m’en veux, j’ai craqué, crié !!! », « je pète un câble avec ma 3 ans !! »), le tout teinté d’une déculpabilisation massive des enfants (« 2 ans ½ c’est un peu comme une primo adolescence, ils se sentent bcp frustré », « C’est un âge tellement compliqué », « la grande de 5 ans […] veut, veut pas, veut, veut pas. Je sais qu’elle ne le fait pas consciemment… », « Depuis l’age de 18 mois il est dans l’opposition c’est normal mais cela s’arrête pas », « Les magasins ne sont pas fait pour les enfants, leur cerveau ne peut pas emmagasiner autant d’infos, donc ils sont sous stress et s’agitent et font des crises… »), et d’une culpabilité massive de la maman (« j’en peux plus d’être moi!!!!! », « pourtant je pense tout essayer, mettre du jeu, du temps, moins de cri…mais c’est compliqué!!! Je ne sais plus comment agir avec lui… J’ai essayé plusieurs approches mais cela ne s’améliore pas. »), et mamans-positives soutiennent maman-négative pour qu’elle persévère sur le « Ô combien long et fatigant chemin vers le bonheur et le développement personnel de son enfant ».

Du côté des parents :
Les parents (mamans, ne nous gênons pas pour le dire) les plus à l’aise avec l’éducation positive, ne venant pas « Helper » internet pour savoir « Comment faire pour », et se positionnant comme exemple, semblent avoir un bon niveau de capacité à maîtriser leur calme, à s’introspecter en continu, sont adeptes de méditations de pleine conscience et ont « déjà travaillé sur elles-mêmes ».

Leurs publications sont des tirades critiquant la société dans laquelle nous vivons, ponctuées de « Ainsi désormais il serait bon ton de… », « Je doute fort que l’on puisse régler quelque problème que ce soit en… », … des conseils lectures, des dissertations suite au visionnage de reportages, des publications juridiques, scientifiques…

Les mamans plus en difficulté, appelant à l’aide, semblent avoir des capacités un peu moindres. Leurs messages sont légèrement plus ponctués de fautes qui picotent les yeux et de smileys-chatons-envoyant-des-coeurs-sous-un-bel-arc-en-ciel, mais surtout ces mamans ont l’air :
– de ne plus savoir quoi faire
– d’être « prête à tout » et d’essayer demain le conseil de Bidule1, et après-demain celui de Bidule2
– de se haïr pour garder une image positive de leur charmant bambin qui refuse de s’alimenter/ranger/dormir
– d’être méchamment au bout du rouleau.

L’éducation positive serait-elle un truc d’intellectuels ? De gentils-hippies cultivés ? De personnes suffisamment peace&love/sous médocs pour garder leur calme en toute circonstance ? Si les parents-positifs expliquent comment gérer l’après craquage (en expliquant à bébé que maman était trèèès fatiguée et en lui demandant de leur pardonner), les risques de craquages parentaux semblent grands et d’autant plus dangereux que totalement inconsistants, imprévisibles, et source de culpabilité chez les parents. A force de croire que tous les comportements de leur enfant sont compréhensibles (les témoignages des très jeunes parents que Bubullette entend allant au contraire dans le sens du « J’y comprends rien à ce qu’il me veut. Interprèèèèèète ! ») en lisant des livres, livres qu’ils n’ont pas le temps de lire puisque leur enfant ne fait toujours pas ses nuits à 4 ans, à force de se contenir H24, à force de papillons dans la voix et de « oui mon chéri ? », la grande majorité des témoignages fait état de périodes de « non éducation positive » qui semblent encore plus violentes que la « violence éducative ordinaire », sans parler des très nombreux posts de prévention du « burn-out parental », commençant par « Je sais qu’on est nombreuses à être passées par là à un moment. » (#ventederêve).

« Comment le beau rêve initial du couple, d’avoir un enfant et de fonder une famille, se transforme-t-il en cauchemar ? Au bout de leurs réserves d’énergie, de plus en plus de parents viennent consulter pour dépression parentale : ils arrivent effondrés, vidés, et décrivent l’enfer qu’ils vivent au quotidien. Dès deux ans (voire avant), leur enfant s’agite, boude, s’oppose, et chamboule le foyer. Malgré tout l’amour qu’ils lui apportent, les parents ne parviennent pas à éviter ni son hostilité ni ses caprices. Un sentiment de déception, d’incompréhension et d’injustice prend place, au regard de leur investissement et de leur bonne volonté. Contre toute attente, leur enfant est pénible. » (lu ici)

Sauf que, parole de psy, un parent qui ne va pas bien, c’est un enfant qui ne va pas bien.

Et pourtant, Mme Filliozat, LA star dans le domaine, écrit : « Un enfant n’a pas besoin de parents parfaits, il a besoin de parents suffisamment bons. Un enfant veut rencontrer non un rôle en face de lui, mais une personne, une vraie personne, avec ses émotions et ses propres besoins, ses pensées et ses valeurs, ses compétences et ses limites. […] Toutes les mères sont de mauvaises mères… et de bonnes mères. En fait, elles seraient de meilleures mères si elles ne cherchaient pas tant à être bonnes. ».
A quel moment, donc, ça a dérapé dans la tête des parents ? Et à quel moment Mme Filliozat s’est dit « Tiens, si j’écrivais 20 livres pour apprendre au parent à être lui-même ! » ??

Pour aller encore plus loin, les théories psychanalytiques suggèrent que le parent DOIT être imparfait. Même plus seulement composer avec l’imperfection, mais l’accepter pleinement. Mr Winnicott écrira : « La mère, par une adaptation qui est presque de 100%, permet au bébé d’avoir l’illusion que son sein, à elle, est une partie de lui, l’enfant. Le sein est ainsi dire sous le contrôle magique du bébé. (…) La tâche ultime de la mère et de désillusionner progressivement l’enfant. ».
Désillusionner. Un enfant a besoin d’être, par petites touches et de façon responsable, sans pour autant que soit mis à mal son « sentiment continu d’exister  » (en n’étant pas dans la carence quoi), confronté aux manques, aux frustrations, aux malentendus, pour pouvoir se constituer comme individu à part entière et vouloir aller voir ailleurs si la maman y est  et découvrir le monde. Winnicott parle de « mère suffisamment bonne », « banalement dévouées », de « good enough mother ».

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Mr Sauguet, psychologue (ouais, ça doit être pour ça), dit même que l’éducation bienveillante peut devenir dangereuse : « Quand un enfant se sent au cœur d’une ambition parentale aussi forte que celle qui est véhiculée par l’éducation positive, a-t-il vraiment la possibilité et la liberté de trahir les désirs de son parent ? Je ne le pense pas. Ce renoncement ne peut se faire qu’au détriment de la construction de son autonomie et de sa subjectivité. ».

Enfin, une autre variable permettant la mise en place de façon sereine d’un tel type d’éducation semble être le temps passé auprès de l’enfant. Les questionnements de mamans les plus en difficulté mentionnent souvent des « horaires de travail compliqués », une fatigue professionnelle qui impacte sur la bienveillance. D’autres maman, se positionnant en « sachantes », semblent avoir tout le temps qu’il faut pour négocier / discuter / débattre avec leurs charmants bambins. Et pour prendre du temps pour elles (cours de yoga / sophro et j’en passe). 

Du côté des enfants :
Une chose qui a surpris Bubullette, c’est le nombre de posts concernant des « tests en cours », en vue de déceler si l’enfant n’est pas un surdoué (« HP », « EIP ») qui s’ignore (ce qui expliquerait « le caractère émotif et coléreux qui a empiré depuis l’école »), ou validant un trouble autistique (« TSA ») très léger tellement « qu’il se voit pas » (expliquant « son côté maniaque anxieux »), lorsque ce n’est pas toute la fratrie qui est différente (« Mon 1er enfant HP et TDA, mon 2e enfant hypersensible, mon 3e pareil que mon 1er et mon 4e juste HP »).

L’éducation bienveillante semble beaucoup s’appliquer à des enfants définis comme « hypersensibles » (mot trèèèès fréquent), mais difficile de savoir si le parent met en place ce style éducatif en réponse à l’hypersensibilité de l’enfant, ou si l’enfant devient hypersensible, en réponse au style éducatif du parent…

Les parents se saisissent également d’autres entités diagnostiques pour définir leurs enfants. Ne rentrant (étonnamment) pas trop dans des théories du type « Mon enfant est Indigo, quelle est la couleur du tien ? », les parents-positifs se saisissent néanmoins de certaines nouvelles entités diagnostiques (lancées par des psy-quelquechoses qui étonnamment ont écrit beaucoup de livres à vendre) pour expliquer et valider le comportement de leur enfant. Bubullette a ainsi découvert une nouvelle entité diagnostique pour définir les « bébés épuisants » : le Bébé Aux Besoins Intenses (pas encore dans le dernier manuel diagnostic, mais ça va probablement venir aussi, juste là, entre le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité – TDA/H – et le Trouble Oppositionnel avec Provocation – TOP -) : des bébés « jamais satisfaits, qui pleurent tout le temps, qui sont hypersensibles, hypertoniques, hyperactifs […] angoissés par la présence d’étrangers […], ont besoin qu’on réponde à leurs demandes tout de suite […] peuvent réagir violemment à la séparation […], qu’aucun doudou ne calme, qu’aucun jouet ne divertit […], dont les réactions sont imprévisibles […] qui veulent toujours les bras mais raidissent leurs membres quand on le porte […], qu’un rien ne réveille, … » (article ici, partagé par une maman positive et commenté par pleiiin de mamans qui ont un enfant (et non plus un bébé… !) similaire à la maison). Loin de Bubullette l’idée de tout pathologiser, mais si un parent consulte pour un enfant qui présente ces comportements, chez nous il y a de fortes chances pour que l’on s’inquiète quand même un peu. Genre un p’tit attachement insécure ambivalent. Qui ne permet absolument pas ce que désire l’éducation positive, puisqu’il « limite les potentialités de développement optimal, en particulier la négociation des conflits, le confort émotionnel, la liberté cognitive et la qualité des relations sociales proches. »…

En termes de théories, l’éducation bienveillante mise sur le postulat que les enfants sont bons par nature, ne faisant jamais de caprice délibéré (c’est juste que l’environnement lui envoie trop d’informations, donc du coup il veut maîtriser au moins un truc en s’emparant du sachet de bonbons, oui oui), du moins avant 5-6-7 ans. Parce que :

« Le « caprice » tel qu’on l’entend induit la notion de manipulation : l’enfant se mettrait dans tous ses états pour obtenir ce qu’il veut. Or avant l’âge de 4-5 ans, c’est tout simplement impossible : il n’en a tout simplement pas les capacités intellectuelles. Un test simple consiste à prendre une boite à forme et à demander à l’enfant d’insérer une forme dans le trou correspondant. S’il doit tester avant de trouver le bon trou, s’il ne réussit pas du premier coup à chaque fois, s’il ne parvient pas à formuler verbalement la bonne réponse, alors il n’est pas capable de manipuler ses parents. ».

Ah ? Curieux…
Et après 5 ans, ce n’est pas non plus un caprice, parce que :

« Lorsqu’un adulte a soudainement une réaction disproportionnée, ses proches vont dire qu’il a eu une mauvaise journée, qu’il est tendu en ce moment parce qu’au travail ce n’est pas facile, qu’il a besoin de se reposer ou de prendre du temps pour lui. Lorsqu’un enfant a une réaction disproportionnée, c’est un « caprice ». ».

Alors, ok, ça se tient, mais faudrait voir à ce que différencier « caprice » (intentionnel) et « crise » (non intentionnel) ne légitime pas la relou-terie de l’enfant. Parce qu’une fois adulte, la dame a beau dire que l’entourage est aimant et compatissant, toute « réaction disproportionnée » n’est pas tolérée, sauf si vous voulez passer pour « l’hystéro de la boîte », ou « la fille qui tire la gueule », ou « la chieuse du coin ». S’agirait, justement, d’apprendre tout petit que ce genre de comportement n’est pas acceptable. En public. (Parce qu’en privé, avec l’homme, Bubullette se lâche. Mais il sait comment y faire pour la calmer. Un coup sec derrière la nuque un gâteau et c’est reparti !).

Paradoxalement, si l’éducation bienveillante n’attribue pas d’intentionnalité aux comportements problématiques des enfants, ses tenants sont très (trop?) au fait de « comment est le cerveau d’un 1/2/3/4/5 ans », ne se questionnant à aucun moment sur la possibilité que l’enfant de la dame qui demande de l’aide soit un peu neuneu en retard. Selon les éducateurs-bienveillants, les enfants sont tous fort intelligents, de vrais « petits scientifiques », ayant besoin de tout expérimenter par eux-même. Il est par exemple conseillé de laisser l’enfant décider puisqu’il sait ce qui est bon pour lui, ou, au pire, d’au moins lui proposer des choix. Marrant parce que Bubullette, elle, rencontre pas mal d’enfants qui aimeraient bien que leur parents fassent des choix pour eux, histoire d’arrêter d’angoisser. Peut-être parce qu’ils n’ont pas été habitués jeunes à faire des choix. Peut-être parce que faire des choix, trop de choix, en l’absence de conseils, c’est avoir l’impression de ne pas pouvoir compter sur autrui et être toujours seul face à soi-même. Btw, selon Mr Piaget, la capacité à faire un choix réfléchi ne se fait qu’à partir du stade opératoire concret, à savoir entre 6-7 ans et 11-12 ans. Avant ce stade, l’enfant est un gros noob qui pense qu’il y a plus de liquide dans une bouteille debout que couchée parce que l’eau est plus haute, alors même que l’on a couché la bouteille devant leurs yeux. T’en dis quoi de ça, hein ?

A croire que l’enfant est maître de son destin, on en vient à des raisonnements que Bubullette trouve aberrants, de parents qui interrogent la nécessité ou non que leur enfant (qui court partout et n’a pas conscience du danger) leur tienne la main lorsqu’ils se promènent le long de routes, envoient méchamment paître les personnes qui donnent des conseils pour arrêter l’allaitement (« Le sevrage n’est pas une solution mais une frustration pour l’enfant. Je pars du principe qu’à sa naissance nous n’avons pas laissé le choix au bébé de prendre le sein… Il s’attache, aime ce lait, ce contact, ce réconfort et parce qu’un jour on décrète que cela ne convient plus à la mère on le sèvre de force… Je suis vraiment contre cela. Je dors très peu ma fille de 12 mois bientôt se réveille encore 3 fois par nuit et mon 29 mois à 5h il est levé pour sa téter… mais c’est comme ça j’assume mes choix. Si vous ne culpabiliser pas et que cela vous semble normal, après tant mieux mais ce n’est pas un bon conseil… ») à une maman qui demande réellement des conseils pour arrêter l’allaitement (parce qu’avec un enfant de 28 mois qui veut téter « TOUTE la nuit j’ai bien dit TOUTE la nuit, sans quoi larmes et hurlements », la dame elle n’en peut plus), ou répondent allègrement à la question « Bonjour, pour ou contre les barrières de sécurité pour les escaliers? » par « Je suis contre car c’est en laissant l’enfant expérimenter et apprendre à monter/descendre les escaliers qu’il saura se débrouiller et ainsi ne pas tomber. Si on lui empêche l’accès, le jour où il trouvera un escalier sans barrière, il risque de tomber. ». La sélection naturelle a sûrement été inventée par un mec bienveillant. Malheureusement pour vous, Bubullette a, elle aussi, un livre de Mme Filliozat dans lequel il est clairement stipulé « Le parent connaît toutes sortes de dangers que l’enfant ne mesure pas, il porte la responsabilité de sa santé. Son rôle est clair, il doit assistance et protection à l’enfant. » (Il me cherche, page 119). Alors s’agirait quand même d’arrêter les conneries.

L’éducation bienveillante accorde une place énoooorme à l’enfant, avec des adaptations multiples et illimitées : « Mon enfant aussi est hypersensible. On a enlevé tous les jouets susceptibles de faire une crise. Quand du monde venait on restait à tour de rôle avec lui dans sa chambre enfermé. ». Eviter les conflits à tout prix. Comme si la vie, la vraie, n’était que paix, amour, licornes et paillettes. Mais dehors, c’est l’vrai monde ! (la citation entière ici). Et oui, il y a de la méchanceté, des personnes malveillantes, des contraintes, des limites, … et ne pas y confronter l’enfant dans un cadre familier, c’est peut-être ça, la malveillance. Parce que JUSTEMENT, c’est dans un cadre stable, rassurant et aimant, qu’il faut que l’enfant expérimente les conflits, apprenne, grandisse. Sinon c’est quoi la suite ? On le laisse se casser la figure hors foyer afin qu’au sein de la maison ce ne soit qu’un havre de paix ? « Aurais-tu l’amabilité d’enfiler ton slip AVANT de mettre ton pantalon, ou souhaites-tu que je te laisse comprendre par toi-même que les normes sociales sont également là pour te protéger des railleries de tes petits camarades, railleries évidemment inadmissibles mais, vois-tu, ils n’ont pas été élevés de façon « positive », j’en suis navrée. ».
Parce que c’est joli hein, l’amour familial, le bonheur inconditionnel, mais si c’est pour que l’enfant pète un câble face au rythme d’une journée « normale » (assez soutenu il faut l’avouer, surtout vu les multiples activités périscolaires « nécessaires à l’épanouissement de l’enfant tu comprends »), si c’est pour que l’enfant cherche les limites par ailleurs, si c’est pour qu’il se fasse dominer/railler par ses petits camarades, c’est se mettre le doigt dans l’œil jusqu’au coude que de dire « Blablabla c’est pour son bien blabla épanouissement personnel »… A quel moment le gnome-positif sera-t-il en mesure de se confronter aux sentiments négatifs de gnomes-négatifs ? Le sera-t-il ? Alors certains parents font l’école à domicile, comme ça pas besoin d’y réfléchir. D’autres se sont posé la question, sur l’un des forums que Bubullette suit :

« Quand vous éduquez votre enfant à la Bienveillance et à l’honnêteté et que à l’adolescence il se fait agresser un soir par des malveillants ….comment dire ….voilà que la haine de l’adolescent se réveille. Pourquoi ces gars veulent se rendre si importants avec des menaces et à vouloir faire peur… Aucune intelligence du cœur… ».

Les parents-bienveillants proposent plusieurs solutions : cours d’aikido pour se défendre sans faire de mal, cours de Krav-Maga ou Semi-full-contact (semi ou full du coup?) parce que « avec certains il faut savoir taper plus fort », mais aucun ne note l’aspect « haine qui se réveille ». Le mec se transforme en Hulk et tout le monde s’en fiche. Ok, soit.

Bubullette aime bien les propos que Mr Pleux avait tenu à une conférence : « Le critère d’une bonne éducation est lorsque l’enfant est heureux… AVEC LES AUTRES. » BOUM !

Du côté des… papas ?
Certains sont partis, d’autres ne sont pas là (pas mal de papas militaires, étonnant ça aussi), mais la grande majorité de ceux qui sont présents au quotidien ne semble qu’être une entrave à l’application des bons préceptes bienveillants.

« Son père n’est pas dans l’éducation bienveillante, moi oui (depuis peu), c’est très conflictuel ! Quand elle se trouve qu’avec son père tout va bien ou bien avec moi aussi mais, si nous sommes tout les 3 c’est le désastre.
– Mon homme vient de me jeter à la figure « ton éducation bienveillante j’y crois pas  » mais c’est pas une religion ! Je lui ai parlé des neurosciences de Montessori… Je suis à cours d’arguments il dit que je radote. Help !
– Le mien on est pas sur la même longueur d’onde et c’est difficile de gérer nos différences dans l’éducation. C’est souvent source de dispute. C’est simple depuis que notre fils est né on se dispute toujours par rapport à un truc c’est l’éducation. Il trouve que je suis trop laxiste et que je lui passe tout.
– Finalement ça pleure, ça crie, on est complètement stressés et mon mari et moi finissons par nous engueuler… »

… suivis de conseils du style « Tu ne peux pas convaincre les autres. », « C’est en te voyant faire qu’il aura peut être le déclic  », ou même de partage d’articles expliquant pourquoi les hommes sont si violents (ici). Wow. Mesdames, à quel moment vous estimez être seule maître de votre navire familial ? Vous avez la chance d’avoir un papa qui s’investit dans l’éducation de votre enfant, et vous le bridez allègrement ? L’éducation, c’est déjà LE sujet polémique de nombreux couples, et les divergences éducatives une des causes des comportements de votre enfant. Quid de la « team parentale ? ». La bienveillance ne s’applique donc qu’à votre gentil bambin ? Ayez au moins la décence d’en parler avec votre conjoint et de penser des compromis. A moins que vous ne vouliez faire couple… avec votre enfant… ?

En bref, …
L’éducation positive est un « courant de pensée » regroupant de tout (même du « bon » !) et du n’importe quoi, sous couvert de « On fait mieux que vous parce qu’on est bienveillants, na. ». Plus qu’une méthode, cela ressemble davantage à un cafouillis de méthodes qui se veulent stempelisées… Jajaja l’Alsace !… être certifiées « bienveillantes », allant de la façon d’éduquer (pour ceux qui acceptent ce mot), à la façon « bienveillante » de parler à son enfant lorsqu’il vous a vomi dessus (c’est ici), aux activités « bienveillantes » (Montessori RPZ), aux écoles « bienveillantes », le tout pour une « société bienveillante ». Ces méthodes sont proposées et défendues corps et âme par des parents souhaitant que leur enfant « devienne qui il est », dans une sorte d’injonction au bonheur, parents rejetant pourtant leur être-fondamental, tuant leur propre vécu éducatif, allant à l’encontre de leurs élans pulsionnels.

Histoire de finir sur une note « positive » : UN article (sur la bonne grosse soixantaine lus) qui n’a pas fait bondir Bubullette de sa chaise et lui a même fait plaisir, car faisant coïncider désirs de l’enfant, réalités du quotidien, accords de couple et écoute de soi-même. L’article est ici (clic), sur un blog intitulé « J’arrête de râler » (tiens donc…).

Et pour reprendre les propos d’une blogueuse-maman (ici) qui s’est essayée à l’éducation bienveillante :

« Moi qui pensais découvrir un monde merveilleux fait d’écoute, d’empathie, de bienveillance et de douceur, je me retrouve parachutée dans un univers où les « Il faut laisser bébé pleurer sinon il va te tyranniser. » sont devenus des « Il ne faut pas laisser bébé pleurer, sinon plus tard il sera Serial Killer. ». Pol Pot ou Guy George, choisis ton camp, jeune parent ! ».

Alors, chers jeunes parents, s’il vous plaît, cessez un peu de vous faire autant violence et d’ignorer autant votre spontanéité. Que votre éducation soit principalement le fruit de la rencontre spontanée avec votre petit-être, et non pas de 6 livres, 13 conférences et 47 échanges forumesques. Parce qu’une éducation créée de toute pièce, apprise, incohérente et non-incarnée est, je Bubullette pense, la pire des éducations… C’est dit !

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28 réflexions sur “Mais que fait l’éducation positive ?

  1. Je pense que vous prenez vraiment des cas extrêmes pour illustrer vos propos. Je pratique l’éducation non autoritariste et non laxiste (puisque les termes bienveillante, non violente ou positive ne vous conviennent pas) et je ne passe pas mon temps à négocier, argumenter, expliquer avec mes enfants. Je n’ai jamais été « obligée » de les emmener en retard à l’école ni les coucher tard à force de blabla !
    Oui, j’ai puni mes enfants dans le passé, mais sans résultat, surtout avec mon fils qui avait alors 2 ans. L’éducation non autoritariste et non laxiste m’a permis de comprendre que mes attentes étaient tout simplement démesurées par rapport aux capacités de mes enfants (mise sur le pot trop tôt, demande de rangement des jouets…).
    Au lieu de punir mon fils parce qu’il tapait sa soeur (sans résultat), sur les conseils d’Isabelle Filliozat que vous critiquez tant, je lui ai appris à s’exprimer avec des mots et devinez quoi… ça a marché pour qu’il arrête de taper !
    Au lieu de punir mon fils parce qu’il sautait sur le canapé et faisait de la patouille avec ses repas (sans résultats), sur les conseils d’Isabelle Filliozat, j’ai cherché les besoins non-satisfaits de mon fils, à savoir sauter sur quelque chose de mou comme un vieux matelas et lui proposer des activités de transvasement et devenez quoi… ça a marché ! Il ne saute plus sur le canapé et ne fait plus de patouille au lieu de manger.
    Idem pour le rangement des jouets : j’accompagne mon fils dans le rangement en fonction des capacités liées à son âge, et il range sans problème.
    Idem quand il me parlait mal : je lui expliquais comment parler correctement et maintenant, il parle correctement.
    Pas besoin de passer ses journées à expliquer : une explication puis des rappels (fréquents au début mais de plus en plus espacés ensuite) et ça suffit.

    Vous dites que les parents ne doivent pas ignorer leur spontanéité… mais quand la spontanéité des parents consiste à punir et frapper à tout va parce que c’est comme ça qu’ils ont été éduqués, on fait comment alors ?! Sur les pages facebook consacrés à la parentalité « normale », on conseille aux parents de dresser leurs enfants à la propreté et s’ils désobéissent et se font dessus, on conseille de mettre les vêtements souillés sur la tête des enfants pour qu’ils « comprennent » !!!!! Quand un enfant fait une colère (pardon, fait des caprices), on conseille aux parents de lui foutre des fessées et de le punir dans sa chambre jusqu’à ce qu’il se calme et comprenne !!!! C’est ça la spontanéité de beaucoup de parents en France !!!!

    C’est vrai que certains parents ne s’écoutent absolument pas et devraient davantage se faire confiance au lieu de faire appel à facebook pour tout et n’importe quoi. Mais je pense aussi que si les parents étaient mieux renseignés sur le développement des enfants (j’entends par là sur l’immaturité du cerveau et la gestion des émotions notamment) ils auraient des demandes mieux appropriées et arrêteraient de parler de caprices et de désobéissance. Il y aurait moins de conflits entre les parents et les enfants et l’éducation non autoritariste et non laxiste serait une évidence. Connaitre cette forme d’éducation a vraiment tout changé dans ma vie avec mes enfants et je pense que ça aiderait bon nombre de parents et c’est pourquoi j’ai créé un blog sur ce sujet, que vous ne citez pas… dois-je le prendre bien ? En coup cas, beaucoup de parents me disent merci pour ça…

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    1. Merci d’avoir pris le temps de répondre et d’expliquer votre point de vue.

      « Je pense que vous prenez vraiment des cas extrêmes pour illustrer vos propos. » : je n’ai pas cherché volontairement les exemples les plus extrêmes, ils me sont apparus naturellement durant ces quelques mois d’observation d’échanges parentaux. Ils le seront donc également si un parent s’intéressant à cet approche fait la même démarche, d’où mon inquiétude.
      Je conviens volontiers que la totalité des parents « non autoritaristes et non laxistes » ne se retrouve pas forcément dans ces situations, et mes observations m’ont conduite à envisager que ce type d’éducation pouvait s’appliquer à certains types de parents, et à certains types d’enfants… Vouloir en faire une grande cause nationale, en revanche, n’est à mon humble avis pas une bonne idée, du fait justement des autres parents et autres enfants pour lesquels ce type d’éducation ne conviendrait pas. Oui, il y en a.

      Je suis tout à fait pour aider les parents à prendre conscience des compétences propres à chaque âge (et encore, la disparité est grande il ne faut pas l’oublier) afin d’adapter au mieux leurs attentes. Cela se fait généralement spontanément dans des discussions informelles à la sortie de l’école, et n’a pas forcément besoin de passer par la lecture assidue de livres ou l’adhésion à un courant éducatif.
      Sur ce sujet, l’éducation positive semble davantage aller dans le sens du « A cet âge-là c’est normal qu’il ne sache pas… », plutôt que du « A cet âge-là, il devrait être capable de… ». Les parents ont ainsi une multitude de feux rouges, de « warnings », d’interdictions, de « Il ne peut pas tu comprends… », sans feu vert derrière. En cela non plus, je ne m’y retrouve pas.

      « Au lieu de punir mon fils parce qu’il tapait sa sœur (…) je lui ai appris à s’exprimer avec des mots et devinez quoi… ça a marché pour qu’il arrête de taper ! ». Ce point également me dérange. Bien sûr que passer par le verbal permet de diminuer les comportements non-verbaux, mais en quoi lui apprendre à s’exprimer ET la punition de l’acte ne peuvent-ils pas se faire de façon conjointe ? « Ce comportement n’est pas toléré (→ punition), je t’en propose un autre (→ apprentissage). » ne me semble pas absurde comme démarche.

      « Sur les pages facebook consacrés à la parentalité « normale », on conseille aux parents de dresser leurs enfants à la propreté et s’ils désobéissent et se font dessus, on conseille de mettre les vêtements souillés sur la tête des enfants pour qu’ils « comprennent » !!!!! » : permettez-moi de reprendre vos paroles : « Je pense que vous prenez vraiment des cas extrêmes pour illustrer vos propos. ». Pourriez-vous m’indiquer les pages en question ? Je n’ai jusqu’à présent jamais rencontré de tels conseils, mais cela m’intéresse réellement d’analyser la chose.

      Je ne citerai pas votre blog, pas plus que les 17 400 000 résultats Google ayant trait à l’éducation positive. Vous en avez vous-même fait la publicité ici, je vous laisse assumer cela jusqu’au bout.

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      1. Ce que je trouve vraiment aberrant est que vous conseillez aux parents de punir leurs enfants ! Vous me demandez pourquoi je ne punissais pas mon fils qui tapait sa soeur, et bien je l’ai déjà écrit dans mon précédent commentaire : parce que les punitions ne fonctionnaient pas, tout simplement ! Quand je passais mes journées à m’énerver après lui et à le punir, il y a un moment où je me dis que de toute évidente ça ne fonctionne pas et je cherche donc d’autres méthodes plus efficaces. Dans la mesure où les explications fonctionnent, pourquoi punir ? Je ne comprends vraiment pas votre logique !
        De plus, vous dites que l’éducation bienveillante ou non violente ne fonctionnent pas avec tous les enfants. Je vous signale quand même que les VEO sont interdites dans 52 pays dans le monde, cette interdiction est actuellement en cours dans 54 pays et que ce sera tôt ou tard le cas de la France ! Comment font les parents pour éduquer leurs enfants si l’éducation non violente ne fonctionne pas chez tous les enfants ?!

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        1. Je ne questionnais pas la manière dont vous aviez géré le comportement de votre fils, mais la dichotomie qui vous est chère : expliquer ou punir. Prenez l’exemple d’un enfant qui émet des comportements non acceptables en vue d’attirer l’attention de son parent : l’apprentissage d’une interaction plus adaptée aura davantage de chance d’être accepté et repris si les comportements initiaux ne sont pas encouragés (ignorés ou punis par retrait).
          Si vous souhaitez parler de vous, il fait sens que « passer ses journées à s’énerver / punir » ne semble pas l’idéal pour que l’enfant comprenne les règles : comment peut-il savoir que ce qu’il a fait n’est pas acceptable s’il est constamment repris ?

          Si vous souhaitez partir sur la piste de la législation / des études scientifiques, pourriez-vous citer vos sources ? Je doute fortement que toutes les actions que vous mettez sous le terme de « VEO » soient interdites dans tous ces pays.

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          1. Voici des articles qui expliquent en quoi l’isolement ou la punition sont des violences psychologiques, études scientifiques à l’appui :
            http://pepsmagazine.com/non-violent-lisolement/
            https://www.oveo.org/les-punitions-et-chatiments-corporels-ont-un-effet-sur-la-sante/
            Une vidéo de Catherine Gueguen (il en existe d’autres, en plus de son livre « Pour une enfance heureuse ») : http://www.lepoint.fr/societe/catherine-gueguen-punir-un-enfant-entrave-le-bon-fonctionnement-de-son-cerveau-31-12-2016-2093815_23.php

            D’une manière générale, vous pouvez trouver ici les études scientifiques sur les effets des VEO : https://www.oveo.org/etudes-scientifiques-sur-les-effets-de-la-violence-educative-ordinaire/

            Vous pouvez trouver ici le dépliant de l’OVEO qui explique bien que les VEO ne concernent pas que les châtiments corporels mais bien toutes les violences, y compris verbales et psychologiques dont font parties les punitions : https://www.oveo.org/fichiers/depliant-oveo.pdf

            Concernant les pays abolitionnistes de la violence sur les enfants, là aussi, il s’agit bien de toutes les formes de violences, y compris les violences psychologiques, les traitements dégradants et humiliants et non uniquement les châtiments corporels : https://www.oveo.org/liste-actualisee-des-pays-abolitionnistes/

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            1. Je vais me permettre de prendre du temps pour analyser la masse d’informations que vous me proposez (bien que les sources ne soient pas très variées).

              Pour commencer, l’article sur http://pepsmagazine.com/non-violent-lisolement/

              – Il se base sur une seule étude scientifique, effectuée dans un contexte bien différent que le cadre familial puisqu’il s’agit de garderies, donc de groupal, et que l’étude rend vigilant à une limite propre aux recherches basées sur l’observation : « There is the possibility that the observers alone may have influenced the findings by affecting the behavior of the adults administering time out, the behavior of the children, or both. » (la présence de l’observateur a pu influencer le comportement de l’adulte, de l’enfant, voire des deux). Mais soit.

              – Cet article présente des biais importants non traités : les auteurs se basent sur les discours d’enfants, de 2 ans à 4 ans (donc on n’est pas sur de l’introspection poussée), tout de suite à la fin du temps de punition (donc avec une faible prise de recul sur l’événement) // l’étude n’a pas interrogé les enfants en amont pour pouvoir faire une comparaison entre leur état d’esprit après le temps-mort et leur état d’esprit de base. Mais soit.

              – L’article sur Pepsmagazine reprend trois points importants, se gardant bien de citer les autres (comme le fait qu’il n’y ait pas de différence quant à la gaieté des enfants -moitié-moitié- lors du temps-mort, qu’il n’y ait pas de différence quant au sentiment de ne pas être aimés par leurs pairs -moitié-moitié- lors du temps mort, que davantage d’enfants pensent l’avoir mérité alors même que l’on pourrait penser qu’ils crieraient à l’injustice, que la grande majorité des enfants se sent « safe » durant ces temps)… Mais soit.

              – Revenons sur les trois points repris dans le magazine :
              « les enfants éprouvaient lors de l’isolement des sentiments de tristesse » : seulement la moitié, et oui, le principe d’une punition n’est pas de rendre l’enfant joyeux / « de peur » : faux, la très grande majorité se portait bien / « de solitude », « abandonnés par les autres enfants » : le terme exacte dans l’étude est « ignoré par leurs pairs » (ce qui peut être une bonne chose, et c’est là le principe-même du temps-mort), et les enfants ne se sentaient pas significativement moins aimés par leurs camarades.

              « plus de la moitié ne savaient pas pourquoi ils avaient été mis en time-out » : faux, la phrase exacte est « almost two-thirds of the children reported that an adult told them why they were put in time out » (donc les 2/3 disent avoir été informés), et quand bien même, cela justifierait uniquement le fait de punir de façon intelligente et irait dans le sens d’une autre phrase de l’article : « Punishment is more effective when accompanied by a rationale that is understood (Parke, 1969). »

              « les enseignants utilisaient cette méthode dans des situations ne la justifiant pas » : c’est un jugement subjectif, se basant dans l’article sur les recommandations d’un chercheur lui-même pour la procédure de temps-mort sous certaines conditions.

              Pour la suite de l’article, à part des projections massives de l’auteur (« En ce qui concerne les enfants plus grands, il semble assez évident que, loin de réfléchir à leurs « fautes », ils vont plus probablement tourner dans leur tête leur chagrin, leur rancœur, leurs sentiments d’injustice et leurs peurs. Ils se sentent rejetés et cela détruit leur estime d’eux-mêmes. ») je ne vois rien qui vaille.

              Bref, un article de magazine orienté se basant sur un article scientifique (qui semble lui-même orienté), et n’en reprenant que les bouts qui vont dans son sens. Bien, la crédibilité.

              Ce sera tout pour aujourd’hui, mais si tous les autres liens sont du même acabit, je ne suis pas certaine de vouloir y passer des heures, désolée…

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              1. Vous m’avez demandé les études scientifiques à propos des VEO, je vous les ai donné, notamment avec le lien vers l’OVEO (l’observatoire de la violence éducative ordinaire) qui en recense un certain nombre. A vous de voir si vous voulez vous prendre la peine de les lire ou non…

                Je trouve juste dommage que vous ayez pris du temps à étudier des blogs et groupes sur l’éducation non violente pour en final tourner en dérision voire en caricature cette forme d’éducation qui, contrairement à ce que vous dites, ne fait pas des enfants-rois (quand elle n’est pas confondu avec le laxisme) et permet aux parents d’éduquer leurs enfants dans le respect de leur corps et de leur intégrité.
                J’ai aussi l’impression, mais peut être que je me trompe, que vous prenez à la rigolade les VEO et leurs effets sur les enfants.

                Ceci dit, je suis d’accord avec vous sur certains points : dire que l’éducation bienveillante est violente car il s’agit d’ « éduquer » les enfants est vraiment ridicule et ne fait qu’apporter une confusion inutile chez les parents.

                Vous parlez du nombre incroyable d’enfants soit disant hypersensibles, HP, BABI… je suis d’accord avec vous aussi que ces diagnostiques de parents, et non de professionnels de la santé, ne font pas avancer le smilblick sur le pourquoi du comment des comportements dérangeants des enfants en question. Vous parlez d’ailleurs pour les BABI de problème d’attachement, je ne suis pas psy mais je pense comme vous…

                Je suis d’accord qu’il faut faire attention à ne pas confondre « éducation bienveillante » et « parents parfaits » pour ne pas culpabiliser les parents, surtout les mamans. D’ailleurs pour moi, la bienveillance, c’est comme la perfection, on peut s’en rapprocher mais personne ne peut l’atteindre (mais ce n’est que mon avis).

                Je suis d’accord qu’une éducation bienveillante trop bienveillante peu entraîner des troubles du comportement chez l’enfant. Pour moi (encore une fois, je ne fais que donner mon opinion, je ne détiens pas la vérité absolue), cette éducation est un juste milieu entre l’autoritarisme et le laxisme où on tient compte des besoins des enfants mais aussi des nôtres et ceci afin de ne pas tomber dans les extrêmes dont vous parlez à savoir les parents qui passent leur temps à négocier avec leurs enfants ou à les laisser tout choisir. Oui, certains parents confondent l’éducation bienveillante avec le laxisme (en même temps, on ne peut pas leur en vouloir car comme dit plus haut, certains blogs ou groupes dénoncent le mot « éducation » mais aussi le mot « autorité » et parlent souvent des besoins des enfants qui doivent passer avant ceux des parents). Bref, difficile de s’y retrouver là dedans, ça apporte beaucoup de confusion dans l’esprit des parents déjà un peu (ou beaucoup) perdus ! Mais pour en revenir aux parents qui négocient tout et laissent les enfants choisir pour tout, ce n’est pas non plus le cas de tous. En tout cas, personnellement, je ne me retrouve pas du tout là-dedans.

                Moi aussi j’hallucine quand je lis que des enfants de 3, 4 ans voire plus ne font toujours pas leur nuit ! Moi aussi j’hallucine quand je lis qu’une maman demande des conseils pour changer la couche de son bébé de 6 mois parce que soit disant qu’il ne le veut pas !!!

                Je suis d’accord que dans beaucoup de cas, les mamans devraient faire appel à leur bon sens plutôt qu’à facebook.

                Mais derrière tous ces messages, il y a surtout des parents désireux de faire au mieux avec leurs enfants et de ne pas reproduire l’éducation trop stricte qu’ils ont reçue car ils ont conscience que ça leur a été néfaste, et pour ça, on ne peut pas leur en vouloir (ni se moquer d’eux) ! Comme je le dis souvent dans mon blog, il ne s’agit pas d’en vouloir à nos parents, ils ont fait ce qu’ils pensaient être le mieux pour nous. Il ne s’agit pas non plus de culpabiliser les parents qui ont aujourd’hui encore recours aux VEO. Aujourd’hui, nous savons avec les études scientifiques sur le cerveau, que les VEO ont bien un impact sur celui-ci. Ca me semble important d’en informer les parents et d’en tenir compte dans l’éducation que nous donnons à nos enfants. Nos parents ne savaient pas. Mais nous, on sait. Pas de chance, ça tombe sur nous…

                Je finirais avec une citation de… mon mari : « Rien n’est bon dans les extrêmes, il faut un juste milieu à tout ».

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                1. Merci de proposer un avis plus modéré que ceux que j’ai eu l’occasion de lire chez les parents « bienveillants ».

                  Le but de mon article était d’apporter des pistes de réflexion jusqu’alors trop peu développées et de pouvoir permettre une remise en question d’une pratique éducative qui m’apparaissait dogmatique et, de ce fait, néfaste.

                  Je ne prends pas « à la rigolage » les VEO, mais suis effarée par tout ce qu’elles englobent, sans aucune distinction entre la mise en retrait / temps mort et les coups de fouet. Une définition moins « extrême » (bonjour à votre mari) permettrait que le débat se porte davantage sur le contenu, que sur le contenant.

                  J’essayerai d’étudier les autres liens lorsque j’en aurai le temps.

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                  1. Je ne suis pas d’accord sur l’idée de graduer les violences faites aux enfants. Pourquoi les violences psychologiques (dont l’isolement) seraient moins graves ou moins traumatisantes que les violences physiques ? Je sais que j’ai pris des fessées et des claques durant mon enfance car mes parents l’ont déjà dit plusieurs fois et pourtant, je n’en ai aucun souvenir, mais vraiment aucun. Mais je me rappelle par contre très bien des heures passées dans ma chambre punie (ou isolée si vous préférez) à pleurer et à me demander pourquoi mes parents m’ont fait puisque de toute évidence ils ne m’aimaient pas ! Alors, je sais, vous allez me dire que ce n’est pas parce que je ne me rappelle pas que je n’ai pas été traumatisée par les coups reçus. Mais la violence psychologique traumatise elle aussi et ça ne doit pas être nié ni minimisé.
                    Devant une femme victime de violence conjugale, on ne gradue plus les violences subies. Une violence est une violence, point. Il devrait en être de même pour les enfants.

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    2. Bonjour,
      ça vous a aidé vous… Vous y avez trouvé des réponses et vous vous l’êtes approprié. Mais ce qui a fonctionné pour vous ne fonctionnera sans doute pas pour quelqu’un d’autre… et ce parce que vous n’aurez pas la même histoire. Recevoir l’autre dans sa singularité…
      Mme Filliozat et Mme Guenguen vulgarisent et créent de la confusion. Elles s’appuient sur des études (neuroscience et pas neurosciences) qui traitent des conséquences et des risques liées la maltraitance dans l’enfance afin de donner des « recettes éducatives ». Cela mérite tout de même de s’interroger et de prendre du recul.
      Bien à vous

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      1. Tous les parents n’arrivent pas à mettre facilement en pratique l’éducation bienveillante car ça dépend de l’éducation qu’on a reçue et du recul qu’on a pris par rapport à cela. Ca n’a pas été facile pour moi au début, et même aujourd’hui encore, je ne suis pas zen en toutes circonstances.
        Ca fait appel à notre passé, bien sur.
        Mais on peut s’en sortir. Ce n’est pas une obligation de rester coincé dans son passé.
        Isabelle Filliozat en parle beaucoup dans ses livres « Que se passe-t-il en moi », « l’intelligence du cœur », « je t’en veux, je t’aime ».
        Des fois, ça nécessite de suivre une psychothérapie.
        Personnellement, j’ai suivi un programme de formation sur Internet pour guérir de mon passé mais je ne pense pas que ce soit le bon endroit pour en faire la pub.
        Concernant les « recettes éducatives », il faut prendre ce qui fait sens pour nous. Il faut aussi trouver la cause du comportement de l’enfant pour mieux savoir y répondre. Les « recettes éducatives » ne fonctionnent que si elles sont utilisées à bon escient.

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  2. Je suis le plus bienveillante possible avec mes enfants, ET j’essaye aussi de leur donner le bon exemple en étant bienveillante avec… moi-même.
    Autrement dit, je définis des limites en fonction de leurs besoins ET des miens, et parfois je sépare les enfants les uns des autres (quand ils n’arrivent pas à fonctionner ensemble) ou de moi (quand je sens l’énervement qui monte et que rien de bon ne peut sortir de l’échange si je ne me calme pas).
    D’ailleurs la démarche de communication consciente et non-violente est d’abord une démarche de connaissance de soi, de définition de ses émotions et de ses besoins ; c’est ensuite, quand on est au clair avec ça, qu’on peut faire de son mieux pour comprendre et respecter ceux des autres.
    Il est vrai que cette démarche est souvent très mal représentée, un peu comme Françoise Dolto en son temps.

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    1. Bonjour Georgia,

      Merci pour votre retour positif d’une éducation positive, car réfléchie. Votre commentaire témoigne néanmoins du fait qu’il faille certaines bases, que beaucoup (avec peut-être un biais professionnel) de parents n’ont pas et n’auront peut-être jamais…

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  3. Merci pour votre article, il est toujours nécessaire de pointer des dérives, mais je partage les autres commentaires et trouve dommage que vous jetiez le bébé avec l’eau du bain (sans vouloir de mauvais jeu de mot…).

    Pour ma part, je trouve que c’est une chance de vivre à une époque où l’on commence à mieux comprendre comment se développe le cerveau de l’enfant. Il me semble fondamental que les parents puissent avoir accès à ces connaissances, pour changer de regard sur leur enfant, mieux le comprendre, et pouvoir développer une relation de confiance mutuelle. En tant que maman, cela m’apporte beaucoup. Et je ne me reconnais pas non plus dans les exemples décrits, bien sûr, on peut se sentir dépassés parfois, mais il est dommage de ne pas avoir donné d’exemples de parents pour qui ça se passe bien…

    Après il y a la difficulté de sortir du déni, de travailler sur soi, car la grande majorité des parents n’ont pas été élevés dans le respect de leur intégrité physique et psychologique. Alice Miller a bien démontré ces difficultés, mais également Olivier Maurel, Catherine Gueguen ou Muriel Salmona par exemple. Cela m’intéresserait d’avoir votre point de vue sur ces auteurs.

    Bref, il est dommage de s’arrêter au constat des dérives de ce que certains mettent sous couvert d’éducation dite positive ou bienveillante, en n’allant pas au-delà de ce qui serait considéré comme une mode de hippie-bobo-bisounours ou je ne sais quoi. Il s’agit de comprendre que la VEO constitue certainement la racine la plus profonde de l’existence de la violence en général…

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    1. Bonjour AC,
      Merci pour votre commentaire 🙂

      Cet article a été rédigé rapidement sur la simple base de mes ressentis de personne humaine, psychologue à ses heures, avec quelques connaissances s’inspirant de son vécu, de divers courants de pensée, de sa pratique, et ayant suivi des discussions de parents-bienveillants l’ayant grandement interpellée. Je ne suis pas tombée, sur ces groupes, sur des témoignages positifs si ce n’est sur des « On s’y met, c’est pas toujours facile… » ou sur des conseils en réponse à des questions de parents plutôt désespérés. Il existe très probablement un biais du fait du support (groupe Fb donc d’entraide donc « Helpages » massifs). Mais le but de cet article est surtout de pointer du doigt des aspects qui interrogent afin justement d’éveiller les consciences, de permettre aux parents de développer leur sens critique, et de sortir d’une simple idéologie / « mode de hippie-bobo-bisounours ou je ne sais quoi ».
      Alors oui, je jette toute l’eau-positive du bain avant même d’y mettre bébé, afin de ne pas reproduire ce que font beaucoup de parents-bienveillants : y mettre bébé aveuglément, parce que l’eau est positive, en oubliant de vérifier la température. (#payetamétaphore).

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      1. Effectivement, il y a un biais sur ces groupes Fb, mais on y trouve aussi parfois des retours d’expérience positifs. Mais sur les blogs on en trouve plus facilement.

        J’ai l’impression que pour beaucoup de parents il est très difficile de sortir du schéma de leur propre éducation, et vouloir s’appuyer sur des méthodes a un caractère rassurant : ils savent qu’ils ne veulent pas le reproduire mais ne savent pas comment faire, et se tournent vers l’éducation positive pour y trouver une aide. Je vous rejoins sur l’idée de garder du recul, un sens critique, de ne pas appliquer des méthodes ou des techniques de manière dogmatique. Après, je ne vous suis pas sur votre conclusion, qui invite les parents à agir plutôt comme ils le sentent, quitte à ce qu’ils ne se remettent pas en question, qu’ils continuent à corriger, punir leur enfant, sans chercher à le comprendre.

        En tout cas, je serais très intéressée d’avoir votre point de vue, votre analyse critique sur quelques ouvrages que j’ai trouvé passionnants, et pour lesquels je n’ai pour l’instant pas véritablement trouvé de contre-argumentation étayée : « Pour une enfance heureuse » de Catherine Gueguen (synthèse des dernières recherches en matière de neurosciences sur le développement du cerveau de l’enfant), « La fessée » (causes, conséquences des VEO) ou « Oui, la nature humaine est bonne » d’Olivier Maurel (mise en perspective historique, culturelle, philosophique des VEO, avec notamment une partie sur la psychanalyse). Un livre tout récent que je n’ai pas lu encore : « Châtiments corporels et violences éducatives » de Muriel Salmona. Alice Miller a écrit dans les années 80-90, ces ouvrages sont intéressants mais manquent de données scientifiques à mon sens.

        Au plaisir de vous lire 🙂

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  4. Bjr. Je vs rejoins sur certains points. ;). J aurai juste 2 questions :
    * vous parlez d auteurs psy. Que faites vous des neurosciences qui ont fait des études sur le cerveau de l enfant…. ? Les psy excusez moi, mais bon c est un peu des théories qui datent, en plus…. la, on s appuie sur de la science pas sur des gens qui ont pensé que c était comme ça…. eclairez moi si je me trompe….

    * en tant que psy (?) , vous etes donc pour les fessées?

    Je suis plutot dans la bienveillance… mais, les clichés que vous sortez . Mdr… si cela peut éviter une crisede dire manteau ou chaussures d abord? Je ne vois pas pourquoi s en priver? Et,, donc , ne pas arriver en retard à cause de cette crise… 😉 . Aprés chacun son positionnement. J entends votre raisonnement, je l ai eu… aprés avoir lu le 1er livre  » j aitt essayé », j ai dit à mon mari que c était exagéré , qu il fallait bien punir… mais, j ai  » appliqué » qd meme les conseils…. je ne suis pas butée ds ce que je pense et qd j ai vu que cela fonctionnait et me permettait du temps de meilleur qualité avec mes enfants j en ai lu d autres. 😉 . Je ne suis pas parfaiteet parfois je dérape ( je menace de punitions, je crie.) , je suis dc bien selon vos psy… ouf …

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    1. Bonjour Loudwig,
      Merci pour votre commentaire.

      Les neurosciences sont un domaine très récent, et les études qui s’y réfèrent sont très souvent mal interprétées, par des non-scientifiques, et reprises à tort pour défendre des causes auxquelles elles ne sont pas directement liées.
      Je me pencherai ultérieurement sur celles proposées par Mme Gueguen & cie. Ce que je déplore dès à présent, c’est d’occulter totalement l’inconscient ou de l’analyser à travers des chiffres, des taux, des IRM… Bien que la science progresse et que je sois profondément logique, il est encore d’actualité d’affirmer que l’individu ne se résume pas à une somme de connexions synaptiques, de neurones qui s’activent ou ne s’activent pas…

      En ce qui concerne la fessée : En tant que psychologue, je me préoccupe davantage du vécu, des sentiments, de la qualité de l’attachement et des interactions parents/enfant que des actes eux-même. De même que l’éducation positive ne juge pas les actes des enfants, je ne juge pas ceux des parents, mais les aide à comprendre l’enchaînement les ayant conduit à les réaliser, à identifier leurs sentiments dans l’après-coup, etc…
      Certains parents ne sont pas à l’écoute de leur enfant et usent et abusent des châtiments corporels comme seule solution. D’autres parents présentent une relation tout à fait adaptée et affectueuse envers leur enfant, et pourtant peuvent mettre des fessées. D’autres parents encore sont dans des situations telles (ex : dépression majeure) qu’une fessée peut même être le signe d’une évolution favorable, d’une remobilisation parentale et d’un réinvestissement de l’enfant. La valeur d’un acte dépend énormément du contexte et de l’intention qui le motive.
      Rassurez-vous, je n’encourage pas les parents à sortir le fouet, et je sais me mobiliser pour engager des procédures d’Informations Préoccupantes lorsque nécessaire. Rassurez-vous également, généralement les parents ne sont pas ravis de mettre des fessées.

      Dans la situation où les fessées sont associées à de réelles difficultés éducatives, j’apprécie que les parents puissent me parler ouvertement de tout ce qu’ils mettent en œuvre, sans avoir peur du jugement, sans tabou, afin que nous puissions y réfléchir ensemble. Un parent qui se sent coupable, jugé, montré du doigt (surtout par ses pairs !), se confiera moins et acceptera moins le fait d’être en difficulté et l’aide qui peut lui être proposée. Au détriment du parent… et de l’enfant.

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  5. Bonjour Bubullette,

    Je viens d’avoir le lien vers ce blog grâce à votre maman car je venais d’écrire un court billet sur ce sujet. Vous détaillez très bien dans le vôtre les aspects finalement assez violents de la bienveillance. Autant j’aime la bienveillance en règle générale autant je n’aime pas les diktats qui vont avec.
    Je remercie donc votre maman de m’avoir fait connaître votre article.
    J’en profite pour rebondir sur le dernier commentaire, lors des discussions avec mes amies, connaissance, je me fais souvent un plaisir de démystifier la vie familiale. Tout a parfois l’air si lisse vu de l’extérieur… Et, dès que je témoigne du fait, que, tient, hier, ma fille a poussé le bouchon un peu loin et que j’avais comme une envie de faire paraître une annonce sur ebay…tout de suite les langues se délient. En témoignant de cette manière, avec le sourire, je sens bien que cela décontracte beaucoup, la personne sait qu’elle ne sera pas jugée.

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    1. Bonjour et merci pour votre visite !

      Comme dirait une collègue : « La bienveillance, oui, mais dans la limite du raisonnable et du supportable. ». J’ai lu votre article et j’apprécie beaucoup la considération de l’éducation bienveillante comme « un bouquet d’outils dont (vous pouvez vous) servir ».
      J’essaye de faire de même au quotidien, parce que quel que soit le domaine (peut-être est-ce plus marqué dans les sciences « humaines »), il y a toujours des divergences de théories, d’avis, de courants de pensée, de formations.. et là où cela peut être une force lorsqu’ils sont pris par petites touches et agencés en fonction de la situation, cela devient rapidement insupportable dès lors qu’un parti tente d’avoir le monopole.
      Continuez à être vraie dans vos paroles avec vos amies, votre témoignage (quel qu’il soit) n’en sera que plus apprécié 😉

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  6. Bonjour,
    Je trouve dommage que vous fassiez des généralités à partir de sources douteuses … je comprends bien que ça vous semble énervant, ces parents à qui mieux-mieux, mais avez vous suffisamment creusé le sujet ?

    Étant professionnelle du secteur, j’accompagne de nombreux parents sur ce thème. Il est vrai que certains parents font une mauvaise interprétation de l’éducation positive et cherchent des recettes toutes faites. En général, ils ont de bonnes raisons de le faire, ca fait partie de leur chemin de parent, et la bienveillance commence par accepter chaque parent tel qu’il est et là où il en est. Un chemin de parent c’est aussi faire des erreurs, experimenter, essayer, trouver des solutions, parfois naviguer dans des extrêmes pour se rendre compte qu’on a un peu trop dévié … Si on regarde un parent à un temps T, biensûr qu’il peut paraitre laxiste, autoritaire ou autre… Ma propre expérience des forums m’a montré qu’on y trouve surtout des parents en début de questionnement, les plus anciens ayant souvent plus des groupe de soutien réels autour d’eux et fréquentant donc beaucoup moins les forums. Ce parent qui laisse tout faire, sur le forum, dans quelques temps aura peut être changé d’attitude… parce qu’il aura appris.

    Les parents qui répondent sur les forums le font avec leurs propres problématiques et besoins (y compris celle de se sentir valorisé en donnant des conseils) et ne sont pas des VRP de l’éducation positive. Bien-sûr, c’est sur cela que peuvent tomber des parents qui chercheraient des infos. Mais est ce que la médecine est mauvaise pour la santé, sous prétexte que sur doctissimo on donne des conseils erronés? Drôle de source…

    Vous seriez sans doute surprise d’apprendre que mes conférences (qui ne vantent d’ailleurs pas de méthodes mais proposent des pistes de reflexion) débutent généralement par la phrase suivante: « vous êtes les experts de vos enfants, vous seuls savez ce qui est bon pour votre famille, dans ce que je vais dire, prenez ce qui vous parle et laissez ce qui ne vous parle pas.  »
    C’est du bon sens, oui, mais tellement de gens l’oublient… chaque famille est différente, et chaque parent plus ou moins prêt à la remise en question. C’est à respecter.

    Vous seriez aussi surprise sans doute d’apprendre que dans les ateliers que j’anime, une des premières choses que l’on travaille, c’est de prendre soin de soi en tant que parent. A écouter ses propres émotions, à connaître ses propres limites, qui sont différentes d’un parent à l’autre. Que dans l’atelier sur la pose de limites, il est clairement dit que dire non est important, quand quelquechose est inacceptable pour nous. Qu’on y apprend à faire de l’écoute, mais qu’ecouter n’est pas toujours possible, et cela deculpabilise souvent les parents (au passage, écouter n’a rien à voir avec négocier ou discuter ou expliquer- confusion souvent faite). Qu’accepter les sentiments de son enfant n’a rien à voir avec le laisser tout faire, bien au contraire. Que les comportements inacceptables des enfants ne sont pas sans conséquences, et que les enfants doivent apprendre à s’y confronter. Manifestement sur les forums, personne ne vous à expliqué la différence qui est faite entre les conséquences et les punitions. Et oui, les conséquences comme les punitions génèrent souvent des émotions… et c’est bien ainsi. On peut d’ailleurs les accueillir, sans pour autant rogner sur des propres limites. Et surtout, les parents qui sont dans ce type de questionnement ont surtout besoin d’écoute et de soutien par leurs pairs, ce qui leur permet la plupart du temps de trouver leurs propres solutions – pour peu qu’on accompagne le groupe correctement. Ce qui évidemment est très difficile sur un forum – pour avoir été administratrice d’un gros forum ENV sur Facebook, bien qu’un cadre très clair soit posé, c’est assez compliqué à maintenir.

    Par ailleurs, l’éducation positive n’empêche jamais que certains parents aient besoin de thérapie. Il y a des parents, oui, qui sont en telle difficulté que déjà un tout petit pas est énorme. Et parfois ce petit pas parait monstrueux à d’autres, je me souviens de cette personne qui avait reçu des coups de ceinturons et pour qui la fessée était déjà une énorme amélioration. Ces personnes ne partent pas du même endroit et ont besoin de toute notre empathie aussi.

    Seulement, pour une partie, avoir de nouveaux outils de compréhension et pour accompagner leurs enfants est amplement suffisant, ou complémentaire. Bien-sûr, chaque personne de fait sa propre interprétation de l’éducation positive, et nul ne pourra empêcher cela. Mais effectivement, pour comprendre l’éducation positive, mieux vaut sans doute aller à la source plutôt qu’aux interprétations qui en sont faites.

    Et pour ce qui est du couple, c’est effectivement ce que je lis et entends souvent. Et vous savez quoi ? En tant qu’accompagnante, j’aide souvent les mamans à écouter leur conjoint. Car l’écoute se pratique dans toute la famille. D’ailleurs, les parents des ateliers le disent: ça modifie souvent la façon de communiquer de toute la famille.

    Quant au fait de se fier à son intuition de parent, vous savez sans doute bien en tant que psy que notre mémoire traumatique nous pousse à avoir des automatismes qui nous font rejouer des choses à notre insu. Ce que nous faisons naturellement avec nos enfants n’est pas nécessairement le plus adapté pour eux, c’est souvent juste une remise en scène.

    Au plaisir d’échanger avec vous.

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    1. Bonjour Madame,

      J’ai fait un saut rapide sur votre blog.
      Bien que vous souhaitiez « … diffuser l’éducation bienveillante à une échelle plus large. », que selon vous « Il y a urgence à modifier la façon dont les enfants sont accompagnés. », et que vous en ayez fait un business, je trouve les propos que vous tenez plus modérés, réfléchis et moins alarmistes que tout ce que j’ai pu lire/écouter par ailleurs, y compris chez Mme Gueguen elle-même (quand vous parliez d’aller à la source…). Quelles sont donc les sources « non douteuses » ? Qui croire, que croire ?
      De plus, vos formations s’adressent à des parents qui se sont engagés volontairement dans ce type d’éducation, qui sont « à bout de souffle » ou qui en ont « marre de crier ». On est donc loin de la culpabilisation massive des parents, afin de tous les rallier à tout prix à la « cause-bienveillante ».
      Enfin, je ne me suis absolument pas cachée quant à mes recherches, et comme je le disais précédemment, ce billet avait comme volonté première d’offrir un autre regard sur ce que l’on nous vend comme « éducation positive », et d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion. Ce qui me semble réussi.

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